Texte de la vidéo de présentation
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Les raisons du synode
Intervention de Mgr Jean-Charles Descubes
Qu’est-ce qu’un synode ?
Les synodes ou les conciles (les mots sont synonymes) sont une pratique on ne peut plus traditionnelle et beaucoup plus habituelle qu’on ne le pense dans l’Église y compris dans le diocèse de Rouen.
Ils demeurent cependant des moments extraordinaires.
En effet, dans un synode ou un concile, les fidèles du Christ unis par un même baptême non seulement écoutent ce que l’Esprit Saint dit à l’Église qu’ils forment localement, mais délibèrent avec lui pour décider ce qu’il est opportun de mettre en œuvre pour que l’Évangile soit toujours aujourd’hui une bonne nouvelle.
Je vous rappelle le projet pastoral de l’Église de Rouen : au service d’un monde aimé de Dieu (je dirais : aimé de Dieu avec passion) une Église fière de son Seigneur et heureuse dans sa mission.
Le synode que je convoque pour l’année 2009-2010 n’a pas d’autre ambition. Mais écouter l’Esprit Saint et délibérer avec lui supposent des dispositions intérieures que l’année pastorale qui s’ouvre devrait nous permettre d’acquérir ensemble.
Quel sera l’objectif du prochain synode ?
Apporte une réponse à cette question : Que ferons-nous (c’est la question qu’à la Pentecôte ses auditeurs posent à Pierre après l’avoir entendu)… Que ferons-nous pour que nos paroisses soient des communions de communautés priantes qui vivent et témoignent de l’Évangile ?
Il nous faudra en préciser les moyens : Quels rassemblements, quelles célébrations et quels ministères (quels responsables si vous préférez) sont nécessaires pour atteindre cet objectif ?
Quelles en sont les raisons ?
Par la mise en œuvre patiente et consciencieuse d’Horizon 2005 élaboré sous la conduite de mon prédécesseur, Mgr Joseph Duval, le diocèse de Rouen est désormais structuré en 56 paroisses.
La nouveauté de cette organisation réside dans la définition qui a été donnée de la paroisse : une communion de communautés.
Les nouvelles paroisses sont source d’un dynamisme réel. Elles permettent un meilleur accueil, des célébrations plus festives, une bonne répartition des services à assurer. Confiée à un prêtre pour qu’il en soit le pasteur, la paroisse est donc le lieu habituel de la célébration eucharistique dominicale.
Par contre, avec d’heureuses exceptions, l’existence des communautés est souvent plus formelle que réelle, alors même qu’est régulièrement affirmée l’importance pour l’Église d’être proche de tous, tant en zone urbaine que dans l’espace rural.
Comment situer ces communautés par rapport à la paroisse ? Autour de quels projets les organiser ? Quels responsables leur donner ? Avec quelles compétences et quels pouvoirs ? Quels rassemblements et quelles célébrations envisager ?
Autant de question qu’il nous faut prendre en compte et pour lesquelles il n’existe pas de réponses toutes faites.
C’est la première raison de la convocation du synode. Il y en a aussi une seconde.
Pour qu’elle soit fidèle à la mission que le Christ lui confie, il convient d’organiser l’animation de l’Église en tenant compte de notre situation réelle, et, tout particulièrement, du nombre de prêtres.
Le Seigneur ne laissera pas son Église sans prêtres. Mais l’histoire nous apprend qu’à chaque époque l’Église s’est organisée non pas en fonction du nombre de prêtres qu’elle rêvait mais du nombre de prêtres dont elle disposait.
Le diocèse de Rouen compte 170 prêtres dont la moitié ont plus de 75 ans. 78 prêtres de moins de 75 ans exercent un ministère dans le diocèse. 56 prêtres aînés leur apportent une aide appréciée.
Nous devons rendre grâce à Dieu. Bien des diocèses peuvent légitimement nous envier. Et je remercie sincèrement les familles et les prêtres qui ont su et qui savent éveiller les enfants et les jeunes à entendre les appels du Christ et à donner librement leur vie à sa suite pour le service de Dieu et de leurs frères.
Mais ceci ne diminue en rien la nécessité de poursuivre notre adaptation. Dieu nous fait la grâce de pouvoir le faire sereinement.
L’objectif donné au synode ne risque-t-il pas d’apparaître comme une vaste opération de réorganisation interne à l’Église ?
Nous devrons en effet veiller ensemble à ne jamais oublier que les réformes de structures sont au service de la vie et de la mission de l’Église.
Vivre et témoigner de l’Évangile sont les seules raisons d’être de l’Église et des communautés qui la constituent. Vivre et témoigner de la nouveauté libératrice de l’Évangile à tout homme, le rencontrer dans tout ce qui fait son existence et exprime son humanité.
Présentation du dispositif
Père Alexandre Joly
Nous venons d’entendre notre archevêque nous présenter cet événement extraordinaire que va vivre notre diocèse, le synode. Il se tiendra entre le mois d’octobre 2009 et le mois de mai 2010. Le synode est donc une assemblée de chrétiens qui vont réfléchir ensemble sur la vie de l’Église. Prêtres, diacres, laïcs, réunis par notre évêque et autour de lui pour tenter de mieux répondre à l’appel que le Christ lance à l’Église qui est à Rouen, aujourd’hui. Avec des échanges, des réflexions, l’assemblée synodale doit tendre vers une unanimité, signe de l’œuvre de l’Esprit, et faire des propositions concrètes.
Tout le diocèse ne sera pas réuni dans les assemblées synodales (même s’il y aura un grand nombre de membres du synode, en grande majorité des laïcs), mais tout le diocèse est directement concerné et invité à prendre part à la préparation et à la célébration du synode.
La première préparation est spirituelle, car l’événement d’un synode est avant tout un événement spirituel. Lors du pèlerinage du diocèse à Lourdes, Monseigneur Descubes a ouvert cette préparation spirituelle, distribuant notamment la prière du synode. Cette prière, distribuée dans les paroisses et disponible à l’archevêché, nous permet de présenter à Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, par les mains de Marie, cette étape de notre diocèse. Chaque diocésain peut ainsi, seul ou en groupe, porter le synode dans la prière, pour demander à l’Esprit d’inspirer notre démarche et de rendre disponibles nos cœurs à ses appels !
Notre évêque l’évoquait, il ne s’agit pas que cet événement extraordinaire ne soit qu’une réflexion de plus sur l’organisation concrète de notre Église. La première question qui nous est posée est : comment vivre et témoigner de l’Évangile.
Il importe de bien resituer notre réflexion et nos propositions, de bien comprendre ce qu’est l’Église : non pas seulement une société humaine, fut-elle religieuse, mais un mystère, un peuple qui appartient à Dieu et qui vit dans le souffle de l’Esprit pour ne faire qu’un avec le Christ.
Dans l’Église, le synode a une fonction toute spécifique : une façon de se mettre en route pour annoncer l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui, franchir ensemble un seuil pour être fidèle à l’interpellation du Christ, rechercher ce que l’Esprit demande à notre Église diocésaine.
Le synode met en lumière la mission spécifique de chaque baptisé, en raison même de notre baptême. Nous sommes tous membres du corps du Christ et sommes impliqués dans la démarche synodale.
Pour mieux connaître la vie de tous les diocésains, un questionnaire sera distribué très largement à la fin du mois de novembre prochain. Que vivons-nous aujourd’hui ? Qu’attendons-nous ? C’est l’occasion, pour l’équipe synodale, de prendre le pouls du diocèse et mieux orienter le travail des assemblées synodales.
Après Noël 2008, les chrétiens sont invités à se réunir par petits groupes, des équipes synodales, pour s’approprier la question du diocèse, prendre le temps de se demander comment vivre et témoigner de l’Évangile aujourd’hui, et faire des propositions concrètes à la commission centrale du synode avec qui elles seront en lien. Une belle occasion pour prendre part activement à la démarche synodale.
En parallèle, un groupe de théologiens conduit par un théologien venu du diocèse de Bourges prendra le temps de se saisir de l’objectif du synode et d’en expliciter les enjeux ; il cherchera à repérer ce qui s’est fait à d’autres époques, ou bien dans d’autres diocèses ou pays, ce qu’est la pratique d’autres Églises et communautés chrétiennes, pour élaborer à son tour des propositions.
Tout cela permettra de rédiger le document de travail du synode, point de départ de la réflexion des assemblées synodales. Pour aller plus loin, des fiches de lecture des lettres de Saint Paul sont distribuées dans les paroisses : cinq textes de l’apôtre sont présentés avec des outils pédagogiques pour pouvoir les lire en petits groupes.
Laissons-nous conduire par l’Esprit pour mieux répondre à l’appel du Christ et porter l’Évangile au cœur de notre monde, aujourd’hui.
Dernière mise à jour de cette page le 04/10/2008