Annonce du synode
ANNONCE D’UN SYNODE DE L’EGLISE DE ROUEN
Annonce du synode
Au cœur de nos églises, l’autel est le signe de la présence du Christ qui s’offre pour que l’Eglise, le monde et tout homme aient accès à la vie.
Aussi, c’est de cet autel, à l’occasion de la célébration du quarantième anniversaire de la clôture du Concile Vatican II, que je vous ai remis notre projet diocésain le 11 décembre 2005.
Au service d’un monde aimé de Dieu parce qu’il l’a créé, qu’il est son origine et sa fin, nous formons une Eglise fière de son Seigneur et heureuse dans sa mission. Dans les conditions de vie qui sont les nôtres et à la mesure de nos moyens, notre seule ambition est d’annoncer la nouveauté libératrice de l’Evangile à tout homme, de le rejoindre dans tout ce qui fait son existence et exprime son humanité (Benoît XVI).
« C’est le Seigneur, le Christ, que vous devez reconnaître dans vos cœurs comme le seul saint, écrit saint Pierre. Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect » (1 P 3, 15).
« L’Eglise ne vit pas d’elle-même mais de l’Evangile » (Benoît XVI). L’Evangile à recevoir, l’Evangile à annoncer sont sa seule raison d’être pour permettre à Jésus-Christ de continuer son œuvre.
Evêque, prêtres et diacres, nous avons été ordonnés au pied d’un autel pour être au milieu de vous, le signe du Christ pasteur et serviteur. Par l’annonce de la Parole, par la célébration de l’Eucharistie et des autres sacrements, par la conduite du peuple de Dieu, nous sommes chargés de signifier la présence du Christ, le seul Seigneur, dans son Eglise.
*
* *
Telles sont les convictions qui vous animent dans la mise en œuvre patiente et consciencieuse d’Horizon 2005 que vous avez élaboré avec mon prédécesseur Joseph Duval.
Ainsi le diocèse est-il désormais structuré en 56 paroisses.
La nouveauté de cette organisation réside dans la définition qui a été donnée de la paroisse : une communion de communautés.
Les nouvelles paroisses sont source d’un dynamisme réel. Elles permettent un meilleur accueil, des célébrations plus festives, une bonne répartition des services à assurer. Confiée à un prêtre pour qu’il en soit le pasteur, la paroisse est donc le lieu habituel de la célébration eucharistique dominicale.
Par contre, avec d’heureuses exceptions, l’existence des communautés locales est souvent plus formelle que réelle, alors même qu’est régulièrement affirmée la nécessité pour l’Eglise d’être proche de tous tant en zone urbaine que dans l’espace rural.
Comment situer les communautés locales par rapport à la paroisse ? Autour de quels projets les organiser ? Quels responsables leur donner ? Quels rassemblements et quelles célébrations envisager ?
Autant de questions qu’il nous faut prendre en compte et pour lesquelles il n’existe pas de réponses toutes faites.
*
* *
Pour qu’elle soit fidèle à la mission que le Christ lui confie, il nous revient également d’animer l’Eglise en tenant compte de notre situation réelle, et, tout particulièrement, du nombre de prêtres.
Le Seigneur ne laissera pas son Eglise sans prêtres. Mais l’histoire nous apprend qu’à chaque époque l’Eglise s’est organisée non pas en fonction du nombre de prêtres dont elle rêvait mais du nombre de prêtres qu’elle avait.
170 prêtres dont la moitié ont plus de 75 ans, sont inscrits dans l’Annuaire diocésain. 7 prêtres de moins de 75 ans sont au service d’autres Eglises ou en formation ; 78 (dont 30 de moins de 50 ans) sont donc actuellement à votre service ; 56 prêtres aînés leur apportent une aide appréciée.
En 2015 nous pouvons raisonnablement estimer que les prêtres de moins de 75 ans seront 73 (dont 35 de moins de 50 ans) ; quelques-uns serviront d’autres Eglises lointaines ou plus pauvres ; les prêtres aînés susceptibles d’être auxiliaires seront entre 30 et 40.
Nous devons rendre grâce à Dieu. Bien des diocèses peuvent légitimement nous envier. Et je remercie sincèrement les familles et les prêtres qui ont su et qui savent éveiller les enfants et les jeunes à entendre les appels du Christ et à donner librement leur vie à sa suite pour le service de Dieu et de leurs frères.
Mais ceci ne diminue en rien la nécessité de poursuivre notre adaptation. Dieu nous fait la grâce de pouvoir le faire sereinement. Saisissons-la !
*
* *
Un vieil adage affirme : « Ce qui concerne tous doit être examiné par tous. »
Saint Cyprien, l’évêque de Carthage, le traduit ainsi dans l’une de ses lettres : « Je me suis fait une règle, dès le début de mon épiscopat, de ne rien décider sans le conseil du clergé et le consentement du peuple » (Lettre 14, 4).
L’animation de l’Eglise en vue de sa mission doit correspondre à notre époque et à nos moyens. Aussi importe-t-il que nous nous demandions : Comment faire vivre des paroisses qui soient vraiment des communions de communautés priantes vivant et témoignant de l’Evangile ? et surtout que nous en précisions les moyens : Quels rassemblements, quelles célébrations et quels ministères leur sont nécessaires ?
L’importance des défis que ces deux questions nous invitent à relever, est évidente.
Plusieurs réponses sont probablement possibles avec chacune leurs aspects positifs et leurs inconvénients. Il faudra donc les étudier et faire des choix. Les décisions qui seront prises ne seront alors efficaces que si chacun les reçoit et se les approprie.
C’est la raison pour laquelle, après avoir consulté le Conseil presbytéral et le Conseil pastoral du diocèse, je convoque un synode.
Le synode est en effet l’assemblée fraternelle des chrétiens d’une Eglise apportant à l’un d’entre eux, l’évêque, le concours qui lui est nécessaire pour organiser la mission et, par conséquent, la vie de l’Eglise qui lui est confiée et à laquelle il est donné avec le ministère de la présider.
On peut dire que, lorsqu’elle est réunie en synode, l’Eglise écoute ce que lui dit l’Esprit Saint, l’Esprit de Dieu, l’Esprit de Jésus, et qu’elle délibère avec lui.
Le synode demeure cependant dans l’ordre des moyens. Ce qui nous importe ce sont les deux questions qui en feront l’objet avec pour objectif : faire que l’Eglise que nous formons avec le Christ serve le projet de Dieu pour le bonheur de tous les hommes nos frères, dans les conditions concrètes de temps et de lieu où nous vivons.
Je vous annonce aujourd’hui ce synode en conclusion de la Messe chrismale car, plus que toute autre célébration, elle manifeste la communion de notre Eglise particulière. Il se réunira de la Fête de saint Romain 2009 à la solennité de la Pentecôte 2010. L’année pastorale 2008-09 sera consacrée à l’élaboration de ses documents de travail et à sa préparation spirituelle.
*
* *
« Nous voici, Seigneur Saint-Esprit. Nous voici dans notre pauvre condition de pécheurs, mais spécialement rassemblés en ton Nom. Viens à nous et sois avec nous. Daigne pénétrer nos cœurs. Montre-nous notre route. Amen. » (Prière Adsumus).
Cathédrale Notre Dame de Rouen, le 20 mars 2008
Jean-Charles Descubes
Archevêque de Rouen
Dernière mise à jour de cette page le 04/10/2008